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El árbol de la ciencia de Pío Baroja, ou l’exercice d’humiliation préalable I

Le roman n’a aucun intérêt littéraire et présente uniquement un intérêt politique pour le pouvoir étatique français lui permettant de sélectionner en son sein, une élite intellectuelle de soumis.

Il ne faudra donc pas dire au jury que le roman est mal écrit, que les saynètes sont mal découpées qui souvent n’ont pas de chute et que l’usage de la biographie romancée1Andrés Hurtado, le personnage principal est un médecin comme l’auteur, et Inman Fox, l’éditrice, passe son temps, dans l’appareil critique, à noter les points communs entre la vie des deux individus, personnage-miroir et auteur-qui-se-regarde-dedans. est d’un narcissisme bourgeois écœurant quand bien même le personnage devrait être un révolutionnaire de carton (qui ne participe à aucune lutte sociale), sinon ce serait remettre en cause son choix. Ou mettre à nu un procédé de recrutement de crétins diplômés ou de lâches complices et abjectes dans l’enseignement secondaire, ces mêmes qui se masqueront sur ordre, masqueront les enfants sans broncher, se feront piquer autant de fois qu’on le leur demande avec des produits expérimentaux, bref des larbins.

Nous devrons donc jouer le jeu de ce théâtre social, flatter les examinateurs en se vautrant dans le plaisir de déguster cette œuvre délicieuse qu’ils ont admirablement choisis.

Mon Dieu, cet auteur européiste (quel bon goût !), vaguement féministe (qu’il est noble !!), presque végétarien et anti-corrida (un éveillé avant-gardiste !!!), anti-catholique (vive la république !!!!) et progressiste anti-franquiste (gloire à Lucifer !!!!!) est un génie incomparable !(!!!!!)

Miam miam, quel style subtil et fin (tu parles, c’est écrit comme un policier écrit un rapport de garde-à-vue les fautes grammaticales en moins), il nous en reste au coin des lèvres à lécher goulument pour ne rien en perdre !

Quelle pensée qui surgit brute et ravageuse dans ces cinq chapitrons qui forment à eux seuls toute une partie entière (“Inquisiciones”), la clef de voute de cette cathédrale littéraire, et qui ne sont qu’un long dialogue entre le neveux et l’oncle, bouillie indigeste de Schopenhauer, Kant ou un mélange informe de philosophie anglaise (Darwin, les utilitaristes, …) qu’on nous fait manger à la petite cuillère pour mieux le faire passer.

Quel choix que cette référence biblique pour donner, via le titre, une aura de grandeur à un texte médiocre et faire croire au lecteur crédule qu’il – le livre, le lecteur, le système qui fait semblant d’aimer – est élevé au rang des pensées majeures de l’humanité ! (Ne pas dire que beaucoup de scribouillardes de rentrée littéraire du XXIème siècle, usent de ce procédé pour donner une épaisseur à leur coulis annuel de mots, dont il ne restera rien dans six mois…)

Note

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    Andrés Hurtado, le personnage principal est un médecin comme l’auteur, et Inman Fox, l’éditrice, passe son temps, dans l’appareil critique, à noter les points communs entre la vie des deux individus, personnage-miroir et auteur-qui-se-regarde-dedans.

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