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Trouver comment donner une dimension religieuse au chemin

Si tout va bien, je dois prendre la route pour Santiago de Compostela, le jeudi 3 mars à Strasbourg, puisque ce sera le jour de mon anniversaire dans ma ville natale, au pied de ma cathédrale asymétrique et de gré rose (la plus belle du monde !). Je vais essayer d’allonger les étapes pour arriver le samedi 5 au soir à Ingersheim, chez mes parents. Le dimanche 6 je veux venir à pied chanter avec la chorale de la Croix Glorieuse et partir ensuite jusqu’à Soultzmatt.

Ensuite mon plan est à peu près établi, classique, qui passe par Cluny (j’y tiens), Le Puy-en-Velay, le camino norte, Santiago de Compostela, Fisterra et retour à pied aussi, par le camino francés et enfin la côte basque jusqu’à Bordeaux ou – très idéalement – Nantes. J’ai pour impératif un mariage en Bretagne, le 13 août,  je ne pourrai donc pas retourner à la maison à pied, comme les vrais du Moyen-Âge, mais tant pis. Je ne suis même pas sûr d’avoir l’argent pour faire le retour, mais je vais essayer.

L’idée est pour moi, premièrement, de clore symboliquement la première partie de ma vie, de partir comme si je pouvais mourir sur le chemin en un haussement d’épaules – et puis ouvrir la seconde, que je compte bien poursuivre ma vie pleinement jusqu’à ce que je perde la boule.
Deuxièmement, d’aller chercher l’énergie neuve pour servir un peu à quelque chose dans ce monde qui m’a épuisé ces dernières années, en allant me chercher moi-même et me ramener par la peau des fesses et à dos d’ampoules.
Mais je suis aussi contre cette façon d’aller se nourrir de l’aura du religieux ou la grandeur de la monarchie comme un consommateur. Certes, il s’avère que la ville d’arrivée se nomme Santiago et que ça me donne le prétexte d’un parcours égocentrique de moi à moi, mais mon nombril n’est pas si important que j’aie à y penser huit heures par jour. Donc troisièmement, j’aimerais bien garder la part tout à fait religieuse d’un tel chemin.

Dans mon plan semi-réaliste (« semi » car je marche tous les jours sans m’arrêter nulle part), j’aimerais aller tous les dimanches à un culte ou une messe, et ne marcher que l’après-midi, 10-12 km reposants. Si possible une vraie messe, belle, sans masque* et dans un endroit qui élève, pas une MJC où on chante des chansons de variétés avec ‘Jésus’ à la place de la femme perdue ou désirée. Donc il faudra que je voie où je peux encore y assister sur le chemin, quitte à prendre cela en compte dans mes découpages finaux d’étapes.

J’aimerais aussi en profiter pour faire de la théologie en marche. Je ne sais pas trop comment. Je n’aurais pas la place pour des livres, ou alors un seul que j’abandonne après lecture, charge d’en trouver un nouveau au passage. Ou un programme à écouter, puisque je suppose qu’entre mars et avril, jusqu’au Puy, il m’arrivera de marcher seul et que, si je veux couper avec l’actualité politique et sociale, je ne vais pas écouter les oiseaux toute la journée.

En ce moment, j’ai du temps d’écoute disponible, je travaille dans les vignes et n’ayant à faire fonctionner que mes bras, je suis tout ouïe. J’écoute d’ailleurs des choses très éclectiques. Ça ne vaut pas la lecture mais c’est tout de même riche. Sur le chemin je ne sais pas, et j’espère avoir le temps de potasser des conciles internes où je pourrais défendre les différents points de vue jusqu’à trouver le mien sur plusieurs sujets. 

Ainsi des trois niveaux, le plus important hiérarchiquement, celui qui prendra le pas sur ma personne une fois pris dans la grande fraternité des jacquets d’aujourd’hui et d’hier, est celui qui me manque encore.

J’ai six semaines pour y réfléchir et je serai preneur d’idées ces prochains temps dans ce temps de préparation.

Photo d’entête : « Jeanne d’Arc » par Natalie Marchant

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